Un champignon lignivore est un champignon qui se nourrit du bois et le détruit en digérant sa cellulose, parfois aussi sa lignine. Dans une maison, il ne s’installe que si le bois reste trop humide, au-delà d’environ 20 % d’eau : selon l’aspect du bois attaqué, on parle de pourriture cubique, fibreuse ou molle. La mérule est le plus dangereux d’entre eux, et le seul à devoir être déclaré en mairie. Dans tous les cas, le traitement commence par la suppression de la source d’humidité.
Qu’est-ce qu’un champignon lignivore ?
Un champignon lignivore est un champignon qui se nourrit du bois : il digère la cellulose, et parfois la lignine, qui font sa solidité, jusqu’à lui faire perdre sa capacité à porter une charge. Selon l’Anah, une quarantaine de champignons peuvent infester les bois d’une maison.
Dans la nature, ces champignons décomposent le bois mort. Dans un logement, leur présence est toujours le signe d’un excès d’eau. Leurs spores sont présentes partout : seule l’humidité du bois décide de leur développement.
Champignon lignivore ou lignicole : quelle différence ?
Un champignon lignicole vit sur le bois sans détruire ses parois : les moisissures et les champignons du bleuissement tachent ou colorent le bois, mais sa résistance mécanique reste intacte. Un champignon lignivore, lui, mange la structure du bois.
Les moisissures apparaissent dès 18 % d’humidité du bois, le bleuissement dès 30 %, selon l’institut technologique FCBA. Pour savoir si un duvet blanc est une mérule, lisez notre page pour savoir reconnaître une mérule à son aspect et à son odeur.
Quelles sont les trois pourritures causées par les champignons lignivores ?
Les champignons lignivores se classent selon l’aspect du bois qu’ils laissent derrière eux : pourriture cubique, ou brune, pourriture fibreuse, ou blanche, et pourriture molle. La mérule et le coniophore des caves provoquent une pourriture cubique.
| Pourriture | Aspect du bois attaqué | Teneur en eau du bois à partir de laquelle elle se développe | Exemples de champignons dans les maisons |
|---|---|---|---|
| Cubique (brune) | Brunit, se fend en petits cubes, s’effrite | Environ 30 % pour la mérule (survie dès 20 %), environ 40 % pour les autres | Mérule, coniophore des caves, lenzite, certains polypores |
| Fibreuse (blanche) | Blanchit, devient fibreux | Environ 40 % | Coriolus, corticiés, phellinus, certains polypores |
| Molle | Bois gorgé d’eau qui se ramollit | Environ 50 % | Champignons de pourriture molle |
La pourriture cubique, ou pourriture brune
Le champignon dégrade la cellulose : le bois brunit, prend une structure cubique, se fend en petits cubes et s’effrite. C’est la pourriture de la mérule et des coniophores.
La pourriture fibreuse, ou pourriture blanche
Le champignon dégrade la cellulose et la lignine : le bois blanchit et devient fibreux, d’où son nom de pourriture blanche.
La pourriture molle
Elle touche un bois gorgé d’eau en permanence, à partir d’environ 50 % de teneur en eau. Le bois se ramollit en surface.
À partir de quel taux d’humidité un champignon lignivore attaque-t-il le bois ?
En dessous de 20 % d’eau dans le bois, aucun champignon lignivore ne peut s’y installer. La mérule survit entre 20 et 30 % et se développe à partir d’environ 30 %, les autres champignons de pourriture cubique et fibreuse vers 40 % et plus, ceux de pourriture molle au-delà de 50 %.
- Sous 20 % : pas de risque d’infestation.
- De 20 à 30 % : la mérule survit, sans se développer ; ses spores germent à partir de 28 %.
- À partir d’environ 30 % : la mérule se développe.
- Vers 40 % et plus : les autres champignons de pourriture cubique et fibreuse s’installent.
- Au-delà de 50 % : pourriture molle.
Il faut distinguer la teneur en eau du bois, que mesure un humidimètre, de l’humidité de l’air : un logement est dit normalement humide quand l’air se situe entre 30 et 60 % d’humidité relative. La mérule demande en plus un milieu chaud, autour de 20 à 25 °C, et confiné, sans ventilation.
D’où vient l’eau qui nourrit le champignon ?
L’eau qui permet à un champignon lignivore de s’installer vient de quatre sources : la pluie qui s’infiltre, la condensation, une fuite accidentelle (tuile, gouttière, canalisation) ou l’humidité du sol, par les murs enterrés et les remontées capillaires.

La cause de fond est une rupture de l’équilibre hydrique du bâtiment, après un défaut d’entretien ou une erreur de réhabilitation : enduit étanche, ventilation bouchée, lambris ou doublage collé contre un mur ancien qui ne peut plus sécher. Les murs en pierre du bâti morbihannais, granit ou schiste, sont conçus pour respirer. Une humidité dans un sous-sol en est une cause fréquente, et la mérule est si présente en Bretagne pour des raisons de climat et de bâti.
Quels sont les principaux champignons lignivores dans une maison ?
Dans une maison, les champignons lignivores les plus fréquents sont la mérule, le coniophore des caves, les lenzites et les polypores. La mérule est le plus dangereux, car il lui faut moins d’eau qu’aux autres et elle transporte cette eau à travers les murs.
La mérule, le plus redouté
La mérule provoque une pourriture cubique. Ses filaments traversent les maçonneries humides en y transportant l’eau, ce qui lui permet d’agir plus vite et plus loin. Elle progresse de plusieurs centimètres par semaine, jusqu’à plusieurs centimètres par jour dans les conditions les plus favorables. Pour les foyers souterrains, voyez la mérule installée en cave.
Le coniophore des caves
Il provoque aussi une pourriture cubique, mais il a besoin de plus d’eau et ne traverse pas les murs : seule la mérule en est capable. Il attaque plafonds, linteaux enfermés et charpentes humides.
Lenzites, polypores et autres champignons du bois
Le lenzite provoque une pourriture cubique des bois exposés aux intempéries, comme les pannes et les poteaux. Les polypores donnent une pourriture cubique ou fibreuse ; coriolus, corticiés et phellinus, une pourriture fibreuse.
Un champignon repéré sur une poutre ou dans les combles relève d’un diagnostic de charpente : il est détaillé dans notre article sur le champignon sur une charpente.
Besoin d'un diagnostic ?
Nos experts se déplacent gratuitement chez vous pour évaluer votre situation et établir un devis personnalisé.
Demander un devis gratuitOu appelez-nous au 02 97 05 86 33
Quels dégâts un champignon lignivore cause-t-il dans une maison ?
Un champignon lignivore fait perdre au bois sa capacité à reprendre les charges : un plancher, un plafond, une poutre ou un poteau attaqué peut céder. La mérule ajoute deux risques propres : elle abîme les maçonneries qu’elle traverse et peut provoquer des courts-circuits en entourant des fils électriques.
Ces champignons travaillent à l’abri des regards, derrière les plinthes et sous les revêtements. Côté santé, ils sont liés à des problèmes respiratoires (asthme, bronchites, sinusites, otites), et les spores de mérule sont allergènes. Pour comprendre l’ampleur d’une attaque, consultez notre page sur la mérule dans la maison.
Faut-il déclarer un champignon lignivore en mairie ?
Seule la mérule fait l’objet d’une déclaration obligatoire : dès qu’il en a connaissance, l’occupant, ou à défaut le propriétaire, la déclare en mairie (article L.126-5 du Code de la construction et de l’habitation). Les autres champignons lignivores n’entraînent aucune démarche réglementaire.
Quand des foyers de mérule sont identifiés, un arrêté préfectoral délimite les zones à risque. En cas de vente dans une zone délimitée, une information sur le risque de mérule figure dans le dossier de diagnostic technique (article L.126-25). La loi n’impose aucun diagnostic mérule, même en zone délimitée ; le vendeur reste tenu d’informer s’il connaît la situation.
En Morbihan, il n’existe à ce jour aucun arrêté préfectoral portant périmètre de lutte contre les mérules. En Ille-et-Vilaine, un arrêté de septembre 2023 ne couvre que Val-Couesnon. Un diagnostiqueur peut établir un constat d’état parasitaire selon la norme NF P03-200.
Comment traiter un champignon lignivore ?
Traiter un champignon lignivore commence toujours par supprimer la source d’eau, puis assécher le bâtiment : sans excès d’humidité, les champignons ne peuvent ni survivre ni se développer. Viennent ensuite la réparation des bois dégradés et, seulement si l’expert le juge nécessaire, un traitement fongicide.
- Identifier l’infestation : mérule ou autre champignon, active ou non.
- Déterminer les mesures à prendre.
- Supprimer la source d’humidité.
- Assécher le bâtiment.
- Réparer ou remplacer les bois dégradés.
- Détruire le champignon si nécessaire.
Assécher avant d’avoir supprimé la cause produit l’effet inverse, et un traitement fongicide n’est pas toujours nécessaire. Pour les bois conservés, le traitement de charpente combine purge, injection et application de surface.
Pourquoi la mérule ne se traite-t-elle pas comme les autres champignons ?
La mérule traverse les maçonneries : son traitement inclut les murs, injectés sur environ un mètre au-delà des dernières traces visibles, alors qu’un coniophore ou un autre champignon lignivore se traite par une simple application en surface des maçonneries.
Les bois conservés sont injectés tous les 33 cm environ, sur à peu près un mètre au-delà de la zone atteinte. Le risque mérule n’est en règle générale pas couvert par l’assurance habitation classique : lisez les exclusions de votre contrat. Notre page sur le traitement de la mérule détaille la méthode.
Comment éviter qu’un champignon lignivore s’installe dans le bois ?
Un champignon lignivore ne peut pas s’installer dans une maison bien conçue et normalement entretenue, dont les bois restent sous 20 % de teneur en eau. La prévention tient en trois réflexes : contrôler la maison au moins une fois par an et après chaque grosse intempérie, garder une ventilation générale et permanente, ne jamais enfermer un bois contre un mur humide.
- Contrôler toiture, gouttières et canalisations.
- Ventiler caves et combles.
- Ne pas stocker de bois, de cartons ou de papiers sur un sol en terre.
- Ne pas coller de lambris ni appliquer d’enduit étanche sur un mur ancien.
- Isoler les bois des murs et des sols par des appuis métalliques.
Tytek traite l’humidité, la charpente et l’isolation : l’eau, le bois et la paroi sont repris par la même équipe, avec une isolation qui laisse respirer le mur ancien.
FAQ - Champignon lignivore
Quels sont les champignons lignivores ?
Les champignons lignivores se rangent par type de pourriture. Pourriture cubique : mérule, coniophores, lenzite, certains polypores. Pourriture fibreuse : coriolus, corticiés, phellinus et d’autres polypores. Pourriture molle : champignons de bois gorgés d’eau. Une quarantaine d’espèces peuvent infester les bois d’une maison.
Comment se débarrasser des champignons lignivores ?
Il faut d’abord supprimer la source d’eau, puis assécher le bâtiment. Les bois dégradés sont ensuite réparés ou remplacés. Un fongicide n’est utilisé que si un expert le juge nécessaire, car sans humidité le champignon meurt.
Quel est le traitement pour les champignons lignivores sur une charpente en bois ?
Le principe est le même : supprimer l’humidité, purger les bois dégradés, puis traiter les bois conservés si nécessaire. Le diagnostic propre à une poutre ou aux combles est détaillé dans notre article sur le champignon sur une charpente.
Comment traiter le lenzite des poutres ou le polypore des caves ?
Il faut supprimer l’humidité, purger les bois dégradés, appliquer un produit en surface sur les maçonneries et injecter les bois conservés. Contrairement à la mérule, ces champignons ne traversent pas les murs : les maçonneries ne sont pas injectées.
Faut-il signaler des champignons lignivores lors d’une vente immobilière ?
Seule la mérule est concernée, et uniquement dans une zone délimitée par arrêté préfectoral. Le Morbihan n’a aucun arrêté ; en Ille-et-Vilaine, seule Val-Couesnon est couverte. Hors zone, le vendeur doit tout de même informer l’acheteur s’il connaît la situation.
Pour un bois attaqué en Morbihan ou en Ille-et-Vilaine, Tytek se déplace pour un diagnostic gratuit sur site et remet un devis gratuit sous 48 h : demandez un diagnostic pour le traitement de la mérule.